Nettoyage après sinistre, décontamination moisissures, Dégât d'eau
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La grande histoire du BSP et la QAI

12.09.2007
Par Simon Robichaud

La qualité de l’air intérieur (QAI) nous préoccupe de plus en plus depuis les années 80. Avec la venue massive des matériaux d’ingénierie, les composés organiques volatiles (COV) incommodent un pourcentage des gens. Les allergies aux poussières et aux moisissures sont de plus en plus fréquentes chez les jeunes. La peur ainsi que les hyper –sensibilités aux spores et aux autres composantes des fongus jumelé au sensationnalisme médiatique ont conscientisé la population Nord Américaine aux problèmes de la QAI; créant une prédisposition aux mouvements de panique.

Le rôle des intervenants en QAI est d’informer les gens et d’améliorer la qualité de l’air. Les inspecteurs, les techniciens de laboratoire, les techniciens de décontamination ou les autorités en santé publique qui écrivent les normes et les procédures ont pour premier but de protéger la santé des gens.

Pour quantifier et analyser les causes et les solutions d’un problème de moisissure il est primordial de s’adresser au bon spécialiste. L’analogie suivante nous aidera à garder le bon sens paysan (BSP) qui a servi les générations précédentes.

Un responsable des ressources matérielles découvre une petite flaque d’eau dans le passage amenant sous la rue Cardinal-Léger au pavillon quatre. Est-ce une infiltration d’eau contaminé? Est-ce un bris d’aqueduc de la ville? Est-ce un acte terroriste? Est-ce de l’eau lourde radioactive?

Non. C’est simplement de l’eau qui coule d’une vanne située derrière un panneau qui n’avait pas été identifié. Un plombier est appelé; il peut venir de suite au tarif d’urgence ou le lendemain matin au tarif régulier. Le responsable décide de pallier la fuite d’eau en demandant au concierge d’installer un panneau qui signale l’eau et un boudin absorbant.

Coût total de la réparation : $125 pour le déplacement d’un plombier et $0,45 pour le joint d’étanchéité défectueux.

Le lendemain, le même responsable des ressources matérielles reçoit l’appel d’une technicienne paniquée, détrempée par ses excréments, qui lui informe d’un refoulement d’égout au 4e étage. 3000 pieds carrés de plancher sont touchés par une marre d’eau infecte qui s’étend toujours. Le directeur n’attend pas une seconde, il place un appel à une entreprise d’intervention après sinistre pour qu’ils aspirent l’eau et un deuxième appel au technicien de bâtiment qui sous-traite régulièrement pour lui.

Le technicien en bâtiment se déplace pour tenter, en vain, de découvrir pourquoi les toilettes du 4e étage ont rendu le contenu qu’elles doivent normalement avaler.

Quelque peut découragé, le responsable place un troisième appel pendant que l’équipe nettoie les dégâts. Il contact une firme d’ingénierie civil et cédule une inspection. Le lendemain, les ingénieurs ont inspecté. Ils ont analysé les plans. Le surlendemain, ils ont parlé à l’architecte. Ils ont échangé des courriels au contracteur général qui a réalisé l’ouvrage il y a 5 ans. Le général a envoyé des courriels aux plombiers qui ont fait le travail original. Le contracteur général a également placé un appel à son avocat et a très mal dormi le soir suivant. Les plombiers n’ont pas reçu le courriel. Une semaine plus tard, le contracteur général a laissé un message dans la boite vocale des plombiers pour leur informé qu’ils recevraient une mise en demeure.

Quel problème pouvait être à l’origine d’un tel débordement? Une vanne controllant un système de drainage du toit fuyait. La fuite permettait une accumulation de pression d’air dans un conduit de transfert et les fortes pluies le jour du débordement ont comprimé cette air qui a trouvé une sortie par les toilettes du 4e étage, poussant le contenu des canalisations (1600 litres d’eau usée) par les toilettes.

La malheureuse technicienne avait choisi le mauvais moment pour fumer en cachette dans les toilettes. Le plombier fut rappelé et jamais le dégât ne se reproduit.

Coût total de la réparation : $33 395.00

$ 19675 pour le nettoyage et l’assèchement
$ 1225 pour le technicien en bâtiment qui n’a rien trouvé
$ 7800 d’honoraires et frais de déplacement pour la firme de génie civil
$ 2500 de dédommagement pour la technicienne crépie de matière fécale
$ 1125 pour le déplacement du plombier
$ 1080 pour les nouvelles vannes

Les plombiers ont finalement tout remboursé au responsable des ressources matérielles car en réalisant l’ouvrage original, ils avait omis de respecter les spécifications pour ces vannes particulières dont ils ne comprenaient pas l’utilité, évitant un procès onéreux au contracteur général.

La leçon : Le premier dégât peut être réparé très efficacement par un plombier tandis que l’autre demande la collaboration de deux ingénieurs, d’un technicien en bâtiment, de l’architecte concepteur et du contracteur général pour déterminer ce que le plombier doit faire. Il ne faut cependant pas automatiquement et obligatoirement appeler l’ingénieur, l’architecte et le technicien en bâtiment la prochaine fois qu’une toilette déborde…

L’histoire précédente est analogue aux problèmes de moisissure. Parfois, un simple «plombier» est le meilleur intervenant. On place l’appel à une firme de nettoyage après sinistre accréditée pour remédier aux problèmes de moisissure et les techniciens font ce qu’il font à tout les jours et voilà! plus de problème.

D’autres problèmes sont beaucoup plus complexes à caractériser. Quand la cause de la contamination est nébuleuse, quand l’étendu est grande, quand les dangers réels et perçus sont importants et quand les solutions sont difficiles à concevoir. En plus de ne pas savoir quoi faire, la même équipe d’intervenants après sinistre ne s’exposeront pas à la responsabilité d’élaborer un protocole de décontamination. Une autorité tel un microbiologiste ou un hygiéniste industriel sera nécessaire pour ce travail. Un contracteur en bâtiment peut être appelé pour retirer une structure porteuse et la remplacer. Des analyses post-remédiation seront nécessaires pour vérifier que le travail a eu les résultats escomptés et sécuriser les occupants.

Bref, il faut que chaque intervenant, tout en faisant de son mieux, reconnaisse sa place et fasse appel aux ressources nécessaires quand il ou elle rencontre une situation qui dépasse ses compétences.

La qualité de l’air intérieur est importante pour la santé des gens. Tous les intervenants qui participent à améliorer la qualité de l’air intérieur doivent être formé et accrédité pour leur travail en comprenant l’importance de ce qu’ils font et les conséquences d’un travail mal exécuté.

Sans dramatiser, il faut prendre au sérieux les problèmes de santé causé par la QAI et prendre les mesures nécessaires pour y remédier. Choissez un plombier (intervenant en décontamination) quand il s’agit d’un problème simple d’envergure limité. Choissez plutôt un ingénieur (microbiologiste) quand il s’agit d’un problème complexe ou d’envergure importante.

Bien à vous, Daniel Pellerin, président de Phoenix intervention après sinistre


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